Il était une fois les premiers pas d'un faon au bord de la Guisane.
Ses paupières ouvertes sur le reflet brillant de la canopée à fleur de rivière.
Notre faon devint grand enivré du bruissement discret des sous-bois en été,
Du craquement des sabots sur la neige glacée.
Il sentit pousser ses grands bois ramifiés, espéra secrètement ressembler aux arbres altiers qui peuplaient sa forêt.
À force de grands rêves, on vit bientôt le cerf parader son feuillage au sommet des montagnes. Chacun dans la vallée parlait déjà du cerf au feuillage vivant.
Amoureux des espaces, notre cerf préférait parmi toutes, la. crête du Rocher blanc.
C'est là qu'il se postait pour admirer le ciel.
Dans les airs, il regardait des heures tournoyer les grands aigles, enviait leur aisance.
Il caressait l'espoir que l'un d'eux vienne sur ce bois se poser, audacieux, moins farouche.
À force de grands rêves, on vit bientôt un aigle s'inviter sur les drôles de branches.
Le grand cerf et puis l'aigle deviennent amis.
L'un contait la forêt, les lacs et les bois.
L'autre lui partageait le très haut, les nuages et les vols des oiseaux.
Chacun dans la vallée parlait du grand cerf et de l'aigle sans plus les dissocier.
C'est ainsi que bientôt, l'histoire nous raconte, que certains aperçurent le grand cerf qui volait.
Quand on parlait de lui, on le nommait "Grand Aigle".
© Mel & Kio, Novembre 2013